J'aime ces feel goods japonais, qui démarrent sur des notes douces et alors que je baisse ma garde et me met en mode cocon, c'est là qu'ils me mettent une petite tape derrière la tête. Oui un roman peut être doux et réconfortant sans être mièvre, ni léger.
Dans celui-ci on rencontre Nozomi une lycéenne dont la mère a quitté le nid, et grâce à elle on découvre une boulangerie qui n'ouvre que la nuit, son propriétaire Yosuke, le boulanger Kanjiro.
Autour d'eux on aura d'autres personnages qui passent ou restent mais qui laissent une trace. Toute la beauté de ce roman repose sur ces personnages et les thèmes qu'ils abordent. Des thèmes rares, tous en rapport avec des personnes en marge de la société, dont on connaît l'existence mais y penser vraiment.
Par exemple il est question des difficultés de la parentalité, en particulier pour les mères qui ne veulent pas ou ne savent pas l'être. Évidemment on parle aussi de ces enfants abandonnés à moitié, dans des situations précaires mais suffisamment stables pour ne pas être pris par le système.
Un autre personnage est un pervers, un de ceux qui regardent les femmes vivre à travers un télescope. Ce chapitre m'a particulièrement marqué, je n'ai pas aimé Maradame le personnage en question, qui sait ce qu'il est et l'assume. Mais j'ai aimé que le sujet soit traité de manière intelligente et sans à priori.
L'écriture est assez basique, mais néanmoins suffisamment douce pour passer inaperçue. Un peu de poésie supplémentaire en aurait fait un coup de cur. L'intérêt est réellement dans les personnages qui nous emmènent avec eux dans un Tokyo nocturne où ceux qu'on ne voit jamais se regroupent autour de bons pains.
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